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L'évolution de l'art au Maroc
l'art figuratif appartient à Notre héritage culturel.
L'art au Maroc :
La galerie d'art Lawrence-Arnott de Marrakech vient d'ouvrir, quinze ans après celle de Tanger. Rencontre avec deux experts du marché international de l'art qui font pour nous le point sur l'art au Maroc.
Philip Arnott, diplômé des Beaux-arts de l'université de Cambridge, et John Lawrence ouvrent en 1980, à Londres, The Stable Gallery, qui connaît un succès fulgurant. Ils deviennent les agents exclusifs, en Grande-Bretagne, de plusieurs artistes reconnus internationalement. En 1985, la première exposition londonienne du peintre américain Robert Heindel est inaugurée par feue S.A.R. la princesse Margaret, soeur de la reine Elisabeth II. En 1988, ils présentent, en association avec le London City Ballet, la deuxième exposition du même peintre. Cette fois, c'est la regrettée Diana, princesse de Galles, passionnée de danse, qui préside l'événement. Elle restera très intime avec les deux associés, venant fréquemment acheter des oeuvres exposées dans leur galerie, pour sa collection personnelle et les conviant à des dîners privés à Kensington Palace. D'autres expositions prestigieuses auront lieu les années suivantes, comme à Monaco, sous le patronage de S.A.S. la princesse Caroline de Hanovre.
À Tanger
En 1991, les deux associés décident de s'installer à Tanger où ils possèdent déjà une maison. Mais leur renommée est telle qu'ils sont sollicités. Ils ouvrent alors, la même année, dans une annexe de l'hôtel du même nom, la Galerie d'Art Tanjah Flandria. Un an plus tard, ils deviennent les représentants pour l'Afrique du Nord de Bonham's de Londres, société de ventes aux enchères dont la réputation est comparable dans le monde à celle de Christie's ou de Sotheby's.
Puis, en 1999, la Galerie d'Art Lawrence-Arnott est officiellement ouverte par son Altesse feue la princesse Lalla Fatima Zohra du Maroc, au 68, rue Amr Ibn Ass, par une exposition de portraits de l'artiste français reconnu Georges Lacore.
Une autre galerie à Marrakech
Aujourd'hui, c'est dans la capitale du Sud que les deux associés inaugurent leur deuxième Galerie d'Art Lawrence Arnott. « Marrakech est en réalité la plus internationale des cités impériales. Elle est devenue le lieu des beautiful people, dont beaucoup achètent des villas, des appartements. Bien que plusieurs galeries d'art aient ouvert ici récemment, il reste une place pour une grande galerie de professionnels qui présente des artistes marocains et étrangers de renom, ayant plusieurs décennies d'expérience et qui peuvent demander les avis d'experts ».
« Il faut se souvenir que l'histoire de l'art au Maroc, jusqu'à presque l'après période du protectorat, était essentiellement celle d'artistes européens travaillant sur le Maghreb. Tel est le fil conducteur de notre ouvrage « Un dictionnaire des peintres à Tanger, de 1669 à 2003 ». Aussi, tout historien d'art sera familier avec les noms associés à la peinture au Maroc avant le milieu du XXe siècle, Delacroix, Majorelle, Pontoy, Matisse, Lavery... En outre, beaucoup parmi les premiers peintres marocains ont été formés par des Européens ou avaient pour le moins des relations proches avec eux. R'bati, par exemple, était le cuisinier du peintre orientaliste irlandais Sir John Lavery, alors que Yacoubi, Mrabet et Hamri étaient tous des amis de l'écrivain et compositeur américain Paul Bowles. L'art marocain, comme toutes les tendances nationales, n'existe pas séparément, mais suit les évolutions internationales pour retomber dans des écoles bien définies ».
L'évolution de l'art au Maroc
« Il est fondamentalement une erreur d'affirmer que parce que le Maroc fait partie du monde islamique, l'art figuratif n'appartient pas à son héritage culturel. La bijouterie berbère, par exemple, représente souvent des animaux mythiques, et pendant la période andalouse, des ivoires sculptés comportaient des scènes de chasse avec des personnages humains. Rbati n'a pas été non plus le premier artiste marocain figuratif! Plusieurs centaines d'années avant sa naissance, des scribes marocains illustraient des textes, médicaux en particulier, avec des représentations d'hommes et d'animaux, comme permet de l'affirmer l'étude de manuscrits de la Bibliothèque Royale de Rabat. Mais il est vrai que l'art abstrait fut peut-être plus fondamentalement une expression de la culture marocaine. Par exemple, les textiles anciens avec leurs couleurs et leurs dessins apparaissent comme résolument modernes ».
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